12 mars 2008

Le Vrai Parisien est-il roi dans quelqu'île ?

Après un mois de silence, le Vrai Parisien réapparait enfin à la surface du monde, revigoré par son silence, régénéré, prêt à repartir comme en quatorze (si l'on ose dire !). Mais il vous doit, chers lecteurs, des explications. Peut-être, en effet, vous êtes-vous demandé, au cours de ces quatre éprouvantes semaines, s'il était "roi dans quelqu'île", s'il vous avait "délaissé pour un bord plus fertile"... Nenni ! Le Vrai Parisien a tout simplement pris un peu de recul, géograhique et spirituel.

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Commençons aujourd'hui par le Géographique puisqu'il a profité de son silence pour pratiquer également l'absence, quittant notre beau pays, sa douceur justement célébrée, pour s'en aller sous d'autres cieux. Tout d'abord Hong-Kong ou, "dès l'aérogare", comme un autre à New-York, le VP a "senti le choc Un souffle barbare Un remous hard-rock Dès l'aérogare, le VP a changé d'époque Come on! Ça démarre Sur les starting-blocks".

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Ici, c'est vraiment l'ailleurs et pourtant tout est déjà vu : les buildings rappellent Manhattan, les échoppes n'importe quel "China-town", les parfums les marchés du XIIIème arrondissement, les ferries rappellent Sydney, la moiteur celle de Manille.

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Donc c'est l'ailleurs : une Chine mâtinée par cent cinquante ans d'Angleterre. Tout y est déjà vu et pourtant c'est unique : le tramway a deux étages, les immeubles vertigineux sont aussi des tours de logements, les écoliers sont en uniforme, l'anglais et le chinois se mêlent sur les affiches, le port est encombré de paquebots, de cargos, de jonques rafistolées. On prend le thé avec des scones, tandis que le soleil enflamme l'horizon.

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A une heure de mer, il y a Macao, l'Enfer du jeu (une chanson est revenue à la mémoire du Vrai Parisien, qu'il a fredonnée tout le long des ruelles : "ça sent le sang.... écarlate"), une accumulation de casinos, de laideurs, de misère vraie et de fausse richesse (le VP a perdu 200 patatas en deux coup de cuillers à pot), la ville portugaise ripolinée comme pour une noce, puis, à quelques encablures, des quartiers d'Amsterdam, de Venise, de Paris, de partout reconstitués pour un tourisme de pacotille.

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Hong-Kong, c'est aussi les temples, la fumée de l'encens qui emplit l'air, les prières murmurées, les trois coups de cloche et de gong qui résonnent de minute en minute.

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Et des îles par dizaines, posées sur l'océan et noyées d'une brume quasi perpétuelle... 

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Mais le Vrai Parisien n'est pas homme à se limiter à une seule destination... N'oubliez jamais qu'il est unique ! Un coup d'avion, quelques heures à Paris et le voilà reparti avec deux de ses innombrables enfants... à Lisbonne.

Soleil merveilleux sur la ville blanche et les toits rouges. On boit le café en contemplant la ville du sommet de l'elevador. Les pavés tracent au sol leurs vagues, leurs motifs, la parure unique de Lisbonne.

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Le tramway brinquebalant escalade en ahanant la colline, passe devant la cathédrale et c'est encore Lisbonne, mais vue d'ailleurs, puis du château Saint-Georges. Les canons pointent l'horizon et ne menacent plus rien. C'est la paix de Lisbonne, et son murmure si particulier.

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Bélem est comme un sucre dans une tasse de tisane, morceau blanc qui paraît flotter. On y embrasse l'horizon et de l'Atlantique et de la mer de paille. Il n'y a plus de vent, plus de bruit et plus d'ombre. On est immergé dans la blancheur de la pierre et le bleu de la mer comme du ciel. On voudrait s'arrêter là, ne plus connaître autre chose, et pourtant l'horizon nous aspire et l'on comprend ces marins portugais qui sont partis à l'aventure, à la découverte du monde.

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Et pourtant, il y a ici le cloître des Hiéronymites... dentelle ocre, un des plus beaux lieux d'Europe, assurément. Les enfants admirent en silence. Il faut les aider à savoir qu'ici l'on est bien, leur apprendre à contempler, les aider à regarder, à aimer, à comprendre, à profiter du temps et du bonheur de vivre...

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Et le temps passe, ainsi, une minute, un jour, un mois. Pendant que le Vrai Parisien ne vous écrivait plus, chers lecteurs, il n'était pas seulement silencieux, il était heureux.

Commentaires

Ah !
De bonnes nouvelles !

Merci pour toutes ces photos .

Ecrit par : alph | 12 mars 2008

"Ici, c'est vraiment l'ailleurs et pourtant tout est déjà vu" : un ami qui avait dû il y a quelques années quitter la douce France pour Hong Kong m'avait dit la même chose (si ce n'est dans les mots du moins dans l'intention).

A part ça, cher Vrai Parisien de Hong Kong, tu me fais me ressouvenir que je rêve toujours d'aller voir Lisbonne. Mais avec qui (je suis toujours impécunieuse et par ailleurs pourvue d'un fort casanier mari, et je n'ai que trop voyagé seule ces dernières années) ?

Et puis surtout : très contente que tu réapparaisses, je me disais à peine rebloguant, le voilà repartant ?

Ecrit par : gilda | 12 mars 2008

PS : on n'en était quand même pas à s'entretenir de toi parfois dans les veillées ;-) , mais quand même un peu presque.

Ecrit par : gilda | 12 mars 2008

Lisbonne est merveilleuse, au point qu'on s'y sent presque comme au Brésil…
Quand j'y suis allé, en 2001, il y avait un "monstre" qui faisait la quête à proximité de l'élévateur : un clochard torse nu, manière d'elephant man lisboète, dont le "visage" était couvert d'un énorme angiome violet et vésiculeux qui lui pendait (ou qui semblait lui pendre) depuis le "front". Un truc atroce. J'ai demandé à tout hasard, à un ami, puis à un autre, de retour de Lisbonne, s'ils avaient vu le monstre : les deux m'ont répondu, oui.
As-tu donc vu le monstre ?

Ecrit par : sk†ns | 13 mars 2008

> sktns : Eh oui, je l'ai vu, malheureusement. Il était là en octobre 2001, la première fois que je suis allé à Lisbonne, je l'y ai revu en décembre 2006, et ce mois-ci, toujours aussi hideux, défiguré, toujours mendiant et toujours irregardable.

Ecrit par : Le Vrai Parisien | 13 mars 2008

Citer dans un seul et même billet Nougaro et le Grand Orchestre du Splendid, il fallait oser !

Ecrit par : Mike | 13 mars 2008

C'est incroyable ! Un personnage central, en quelque sorte, et qui a sacrément la santé, en plus (il doit manger au moyen d'une paille, sans doute). J'ai eu énormément de mal à m'endormir le soir même, parce que, l'ayant subrepticement aperçu dans un premier temps, j'ai cru bon – c'est mon goût irrépressible pour les freaks – de me retourner pour le regarder encore… Mais bon, c'était le début de mon séjour, et les délices de la ville mon fait oublier cette funeste rencontre. Quoique quelques jours après, au sortir d'une église du XVIIIe du Bairro alto (plafond curieux, "plat" et en bois, si ma mémoire est bonne), une bande de jeunes locaux pris de fureur ont saccagé devant moi un MacDonald's en 45 secondes. Sans compter la descente de la citadelle par les ruelles, pour déboucher sur la "rue des Anges", ses dizaines de prostituées et autres toxicomanes interlopes (on voit pas ça à Paris).
Ville extraordinaire, en tous cas (au niveau d'Istanbul, je trouve, soit le top en Europe, je crois).

Ecrit par : sk†ns | 13 mars 2008

Bien heureux de vous savoir de retour (entier) et merci d'avoir ravivé les souvenirs qui me reste de Lisbonne, visitée par deux fois au milieu des années quatre-vingts.

Ecrit par : Didier Goux | 15 mars 2008

> Mike, non seulement j'ai cité ceux que tu mentionnes, mais également Victor Hugo (entre guillemets dans le premier paragraphe), ce que n'a d'ailleurs pas manqué de noter Gilda (Bravo à toi, Gilda !) qui, subtilement et discrètement, élégamment, le fait remarquer dans son commentaire.
En passant, un salut pour tous.

Ecrit par : Le Vrai Parisien | 15 mars 2008

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