03 février 2008

Le Vrai Parisien increvable

Sans doute, innombrables lecteurs qui avez fait au Vrai Parisien l'honneur de lui souhaiter un parfait anniversaire (un grand merci à tous ceux qui ont eu ce geste), croyez-vous que, vu son âge maintenant raisonnable, le Vrai Parisien coule des week-ends paisibles, un plaid écossais sur les genoux en lisant Rannoch Moor, en sirotant des tisanes, écoutant en boucle les vieux succès de François Deguelt...

Croire à ces fadaises serait mal connaître le Vrai Parisien et son exceptionnelle résilience ! Pour lui, pas besoin de sniffer de la cocaïne sur des capots de voiture pour se sentir en pleine forme, prêt à toutes les expériences du bout de la nuit... Qu'on en juge par ce programme qui vous aurait sans doute laissé sur les rotules et qui n'a eu pour effet sur le Vrai Parisien que de le mettre en pleine forme, prêt à écrire ce billet et à couler ensuite une paisible et méritée soirée dominicale.

Et maintenant, lecteurs impatients, respect : souvenez-vous que le présent programme, obéissant comme toute tragédie classique à une farouche unité de temps, a été accompli en à peine plus de vingt-quatre heures !

Le samedi matin est traditionnellement consacré aux courses hebdomadaires, de quoi remplir un réfrigérateur. Ce deux février, s'y ajoutaient les "Portes ouvertes" de l'école d'un des fils du Vrai Parisien. Celui-ci, père modèle et donc attentionné, s'y rendit naturellement. Retour chez lui, portant les tonnes de nourriture qui semblent devoir durer pour toujours et ne seront plus qu'un vague souvenir dans quelques jours : il était déjà midi !

Hop ! le repas à peine avalé, voilà le VP qui file au Raincy, en Seine-Saint-Denis. Au Raincy !!! Qu'allait-il faire dans cette galère ? vous demandez-vous sûrement. Ignorants !!! Le Vrai Parisien y réalisé l'un de ses vieux rêves (comme quoi, il n'est jamais trop tard) : visiter la première église construite au MONDE en béton (1922), Notre-Dame du Raincy (architecte Auguste Perret, vitraux d'après Maurice Denis) : un chef d'oeuvre d'équilibre, d'harmonie, de transparence et d'équilibre qui mérite bien son surnon de "Sainte-Chapelle du béton".

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Le temps de retourner à Paris, de prendre le thé, et le Vrai Parisien se transporte, tout parfumé de frais, vers le restaurant "Les Ombres". Comment ?! Vous ne connaissez pas "Les Ombres" ?... Courez-y vite, en hiver, au printemps, en été, en automne. Il s'agit du restaurant qui est installé sur le toit de musée du quai Branly (réservation conseillée : les Happy Few s'y ruent). Après un chemin d'ombre et de mystères, vous voilà assis sous un ciel de résille et de verre ; le ciel est le dais sous lequel vous dînez, tandis que, comme un cierge, la Tour Eiffel illumine Paris et éclaire votre table. Le lieu est un must...

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Une courte nuit et le Vrai Parisien, douché, rasé de frais, parfumé à l'Orange de Capri se précipite vers la Sainte-Chapelle, la vraie, celle que Saint-Louis a fait édifier en son palais de la Cité pour y abriter les reliques de la Passion. Et le Vrai Parisien, monstre de culture encyclopédique, de comparer l'oeuvre de Pierre de Montreuil (s'il est bien l'architecte de génie qui a bâti cette châsse de géant, de ce palais de lumière) et celle de Perret.

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D'autres, vous peut-être, seraient allés se coucher illico, considérant déjà avoir fait plus que leur dû. Le Vrai Parisien n'avait pourtant fait qu'ébaucher son programme : longeant les Seine, réchauffée par un pâle et doux soleil d'hiver, il rejoignit les Tuileries, puis la Concorde.

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Enfin, suivant la rue du Faubourg-Saint-Honoré (des photographes étaient aux aguets devant l'Elysée), il atteignit enfin la salle Pleyel pour un de ces concerts de derrière les fagots dont Sir John Eliott Gardiner, à la tête du Symphonique de Londres, gratifia un public conquis : quatrième concerto pour piano de Beethoven, (avec une Maria Joao Pirès délicieuse, délicate, un son des cordes ouaté, une lenteur à tomber dans le deuxième mouvement, qui semblait raconter la lutte inégale et pourtant éternelle entre la fragile beauté et la violente brutalité, la gentillesse et la méchanceté) suivi d'un symphonie Héroïque tonique et âpre, à sa manière, rapide, énervée (mais moins inspirée, a-t-il modestement semblé au VP, que le concerto précédent).

Et maintenant, de retour chez lui, le Vrai Parisien goûte tous ces souvenirs formidables et les revit de nouveau en ayant eu le plaisir de vous les faire partager.

Commentaires

P'tain, j'suis crevé, là...

Et, personnellement, j'aurais aimé plus de détails sur la carte du restau, mais bon...

Ecrit par : Didier Goux | 04 février 2008

> Pour ce qui concerne la carte des Ombres, je ne me souviens pas de tout, d'autant que les libellés des plats sont parfois abscons. Pour ce qui me concerne, j'ai choisi du foie gras en entrée (avec sa confiture, ses petits toasts...) et mon commensal un potage (ou un consommé) de châtaigne de bonne allure ; plats principaux : carré d'agneau pour l'un (en croûte de je ne sais quoi, avec légumes, franchement délicieux à tel point que j'en aurais bien repris), pavé de biche pour l'autre ; fromages ; dessert : une boule de chocolat avec perles de poire et peut-être quelques agrumes, le tout avec coulis de chocolat chaud qui fait fondre la boule (c'est la scène prise en photo), j'avais quant à moi opté pour une sorte de gâteau dont la forme représentait le restaurant lui-même (résille de chocolat avec des points de citron pour figurer la tour Eiffel, cela joint à une génoise nappée de crème pralinée avec sa propre résille pour représenter la salle où nous étions... une merveille).
Un seul reproche, mais infime : les serveuses et serveurs qui marchaient trop vite et donnaient une ambiance de nervosité à ce qui aurait mérité un pas plus doux, plus sénatorial (défaut de jeunesse...).

Ecrit par : Le VP | 04 février 2008

Oui, de la cuisine franche, carrée aux entournures, tout ce qu'il faut, quoi ! Merci pour le salivage...

Ecrit par : Didier Goux | 04 février 2008

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