28 janvier 2008

Le Vrai Parisien polyglotte

Le Vrai Parisien se souvient avec émotion de ses cours de langue, de la sixième à la Terminale, d'abord allemand (comme tous les bons élèves de ce temps-là....) puis anglais. Il se souvient de l'aisance merveilleuse avec laquelle il parvenait en peu de mois à baragouiner les langues de Goethe et Shakespeare, sans trop faire d'effort et en tout cas en utilisant la méthode qu'il a suivie à la lettre tout le temps de sa scolarité, avec des résultats pour le moins contrastés, méthode consistant à ne faire que le strict minimum.

Le Vrai Parisien se souvient que son goût pour les langues étrangères, s'il se manifesta très vite, se révéla aussi exactement inversement proportionnel à son goût pour l'effort. Il n'en tire donc aucune gloire, regrettant depuis bien des années, de ne pas "s'y être mis" avec un peu plus d'application, ce qui lui permettrait aujourd'hui - son rêve - de parler sinon couramment du moins très correctement deux ou trois langues autres que le français (qu'il manie, il est vrai, à la perfection).

Le Vrai Parisien se souvient que, dans sa vingt-cinquième année, il lui vint l'idée d'apprendre l'italien. Il acheta deux ou trois méthodes et avec une aisance prodigieuse (mais il est vrai que la difficulté était moindre que s'il avait choisi... mettons, le japonais...), il parvint en deux ou trois mois à se débrouiller fort bien dans ses voyages ultramontains. Aujourd'hui encore, son italien fait florès et merveille lorsqu'il se trouve à Rome.

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Puis le Vrai Parisien se mit en tête d'apprendre le roumain, le néerlandais, le grec... Chaque fois, il acheta la méthode Assimil, fit quelques leçons et se découragea sottement. Un jour, il se mit au russe. Là, mystère, la flamme mit plus longtemps à s'éteindre, trois ans exactement : à force de régularité et d'obstination, il parvint à parler fort correctement. Aujourd'hui encore, dans la langue de Pouchkine, il sait dire : "Ia vsio zabuil... csajaleniou... (J'ai tout oublié, malheureusement...).

En fait, pour apprendre une langue étrangère, il suffit d'un quart d'heure par jour, mais vraiment chaque jour. Il ne sert à rien de s'y mettre une heure, voire deux, de temps en temps. Le Vrai Parisien se souvient de l'image suivante, qui illustre bien le principe : si vous jetez sur un rocher un seau d'eau chaque semaine, rien ne se passe. Mais si une goutte d'eau tombe régulièrement sur le rocher, elle finira par y creuser un trou.

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Ce soir, le Vrai Parisien renoue avec ses songes. Plutôt que de s'éparpiller, il a décidé de se concentrer sur quatre langues : l'allemand, l'anglais, le russe et l'italien. Désormais, chaque semaine du mois sera consacrée à l'un de ces idiomes et chaque soir, avant dormir, le Vrai Parisien en lira une leçon. Cette semaine, c'est l'allemand. Rendez-vous dans quelques mois, pour faire le point sur les progrès du vrai Parisien en polyglottisme.

Commentaires

Quel superbe message ! Et comme vous me gonflez de l'avoir fait (moi qui fais semblant de me vanter d'être "parfaitement monoglotte", comme si je l'avais fait exprès, alors que je suis juste incapable d'apprendre la moindre langue, ne serait-ce que le patois du Limousin ou le caillera du 9-3) !

Et j'ai pourtant des souvenirs d'allemand, d'anglais et surtout d'espagnol que vous venez de ranimer (les frustrations davantage que les souvenirs linguistiques, en fait...).

Ecrit par : Didier Goux | 28 janvier 2008

Un petit boujour au Vrai Parisien de la part d'une vraie Barisienne (de Bari, en Italie), qui va se concentrer sur français, anglais et allemand. Pas de russe, mais pas mal d'idiomes pour communiquer...
Merci de vos considérations : à vérifier...

Ecrit par : pat | 29 janvier 2008

> C'est donc Bari qui parle à Paris ! Merci de me lire (grazie per leggere i miei biglietti...)

Ecrit par : Le VP | 29 janvier 2008

J'envie le VP!

Je n'ai aucune talent pour les langues, je parle bien sûr, hongrois (ma langue maternelle) le roumain (puisque j'ai fait des études là) le français (j'y habite depuis 42 ans) et l'anglais (j'y avais travaillé trois ans) mais presque pas l'allemand, juste assez pour ne pas être vendue ou perdue et à chaque fois, c'était une chochemare à m'y mettre, j'adore, mais j'apprends difficilement et sans aucune oreil musicale je parle presque en hongrois dans chaqu'une des langues!

Ecrit par : julie70 | 21 mars 2008

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