19 janvier 2008

Le Vrai Parisien en Irlande

Ceux qui le connaissent d'un peu près ou qui lisaient son précédent blog, le regretté "Journal d'un amateur", se souviennent peut-être que le Vrai Parisien, jamais avare de découverte, a passé ses dernières vacances estivales en Irlande (il veut dire en Eire), filant de Dublin au Connemara, puis poussant les feux de Cong à Limerick, explorant dans un brouillard qu'il n'est pas près d'oublier la péninsule de Dingle.

Après d'aussi bonnes vacances, le souvenir d'un pays pimpant, parsemé de paysages tantôt bretonnisant tantôt presque nordiques, parfois quasi méditerranéens (toute chose étant égale par ailleurs), on comprendra qu'il ait récemment saisi l'occasion de retrouver un peu de l'ambiance paisible et bon enfant de cette verdoyante île, en allant voir Garage, le film irlandais qui a en ce moment les honneurs de la presse, et quelques prix ici ou là. 

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Or, avec le masochisme habituel à ce genre d'institutions, ce qui tient lieu d'agence nationale du cinéma irlandais, qui a subventionné ledit Garage, répand dans le monde entier (quoique le film en question ne soit sans doute pas appelé à crever les plafonds du box-office) une image singulièrement sinistre de son pays et catastrophique des Irlandais eux-mêmes.

Mais, avant d'aller plus avant, le Vrai Parisien se rend compte qu'il va donner l'impression à ses lecteurs innombrables, et qui boivent se paroles comme de la grenadine, que Garage ne lui a pas plu. Rien n'est plus faux ! Le film est excellent, bâti sur un scénario irréprochable et joué par des acteurs inconnus et excellents (parce que ou quoique...).

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Non, le problème est que l'action tout entière se déroule dans un minuscule patelin dont on ne voit que la station essence, le pub et l'épicerie, ce qui doit effectivement correspondre aux trois points de ralliement principaux de tout village non seulement en Irlande mais quasiment partout. La vie n'y avance pas, chaque jour y est un océan d'ennui dans un décor de brume et d'eau (superbement filmé). La jeunesse s'y ennuie (mais elle est capable de s'ennuyer partout !) et, donc, boit ou plutôt picole ce qui est la version misérabiliste du boire.

Au milieu de ce petit monde étriqué, un pauvre et brave homme, mi simplet mi bon ange, qui rend service, ne veut de mal à personne, ne se rend pas toujours compte de ce qu'il fait, et se fera dévorer par cette société percluse d'une bonne conscience qui lui permet de commettre, l'âme en paix, ses petits sacrifices rituels.

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Histoire d'amitié, un peu ; histoire de malentendus, beaucoup ; histoire d'hypocrisie, à la folie ; histoire d'amour, pas du tout, ou si peu ; histoire humaine, déséspérante, passionnément.

Si l'Irlande voulait donner une image dynamique d'elle-même, tigre celte où l'argent coule à flot (le Vrai Parisien, qui s'y est ruiné, n'y est pas pour rien !), pays encore à peu près préservé dans ses paysages et ses traditions, c'est raté. Mais si l'objectif était au contraire de briser le masque un peu facile de la verte Eirin, des courses de lévrier et des lacs du Connemara, c'est un plein succès.

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