18 janvier 2008
Le Vrai Parisien et le gnan-gnan
On a appris hier la mort du chanteur Carlos. Le Vrai Parisien s'en afflige comme de toute disparition, mais avec toutefois la distance, dont Carlos là où il est ne saurait s'offusquer, que l'on peut et même doit avoir pour toute mort de quelqu'un que l'on n'a jamais rencontré ni de près ni de loin. Il s'étonne donc de la sorte de deuil universel, et passager en même temps, que les radios et télévisions semblent maintenant systématiquement décréter dans ce genre de circonstance.
Entendons-nous : il ne s'agit en rien de nier le caractère humain, chaleureux, sympathique, jovial, bon vivant, bon copain, de Carlos, dont on est abreuvé depuis hier sur quasi toutes les ondes (et les journaux de ce jour), qualités que le Vrai Parisien n'a aucune raison de mettre en doute. Mais enfin, personne ne peut placer très haut l'oeuvre de Carlos en tant que chanteur. Des chansonnettes comme big bisous, Tout nu et tout bronzé, voire Je préfère manger à la cantine, sont mineures, et on ne ferait pas à Carlos l'injure de penser qu'il l'ignorât.
Dans ces conditions, sa mort, en tant que personnage public, se doit d'être signalée, mais pas au point d'en faire tout un fromage.

Plutôt que de s'indigner de la disproportion flagrante que font les médias populaires entre la disparition d'un grand artiste (Jullien Gracq récemment) et celle d'un histrion comme il en faut en tout temps, on s'inquiétera de la sorte de gnan-gnan universel qui semble gagner notre époque. Avoir une pensée pour tout homme qui vient de mourir est naturel, mais pleurnicher à la radio (comme le Vrai Parisien l'a entendu hier avec effarement et effroi de la part d'une pauvre dame qui semblait soudain veuve...) pour la mort d'un chanteur de ritournelles, c'est à la fois absurde, ridicule et pitoyable.
Rendons à Carlos l'hommage dû à l'homme, mais n'exagérons pas celui dû au chanteur !
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Commentaires
Cela dit je pense que dans le cas de Carlos, comme quelqu'un me l'a fait remarquer aujourd'hui, c'est qu'on aurait une sorte de tendance à croire qu'un joyeux lurron ne meurt jamais (tellement il donne une image de qui prend la vie du bon côté) avant le très grand âge. C'est peut-être (en plus du gnan gnan généralisé) ce qui se joue pour celui-là.
Je me souviens d'avoir pensé comme toi lors de la mort de Lady Diana Spencer. Un mois plutôt j'avais lu dans un journal "Lady Di et Dodi al Fayed disparu en mer" un bref entrefilet dont le détail en fait indiquait qu'ils avaient simplement semé au large leurs paraparazzi attitrés. Mais croyant au vu du titre à leur mort, j'avais trouvé logique qu'elle ne prenne pas plus de place. J'ai été quelque peu surprise le mois suivant (mais qu'est-ce qui leur prend ? Qu'était-elle donc pour eux ?).
Ça ne s'arrange pas.
Ecrit par : gilda | 18 janvier 2008
Et si, demain, on apprend que Carlos a eu un plan cul avec la Diana, soyez sans crainte : on vous en remettra une couche !
Ecrit par : Didier Goux | 19 janvier 2008
> Comment ?! Carlos n'était pas l'amant de Lady Di ? Du prince Charles, peut-être alors... On nous cache tout.
Ecrit par : Le VP | 19 janvier 2008
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