23 décembre 2007
Le Vrai Parisien s'amuse
Nouveau spectacle musical pour le Vrai Parisien qui a cassé sa tirelire, avant un Tannhaüser d'avant-Noël, et des festivités innombrables que ce Journal vous permettra quasiment de vivre en live...

Ce dimanche, c'était L'Etoile, d'Emmanuel Chabrier, qui était au programme, spectacle fort goûté par un certain... Dans une salle Favart brillant de tous ses feux, l'ambiance était électrique dès les circulations et le foyer. Il faut dire qu'un public majoritairement âgé et tout en fourrures, agrémenté çà et là de petits enfants de bonne(s) famille(s), semblait avoir investi les lieux avec cet air conquérant qu'ont toujours les dames dont les fins de mois ne sont pas trop pénibles.

Toussant, râclant des pieds ou des béquilles, commentant la situation, les embarras de la circulation, le public s'installa non sans peine dans les espaces conçus pour des générations ne dépassant que rarement 1 mètre 70, ce qui inquiéta fort la dame qui, assise devant le Vrai Parisien, craignait sans doute que les genoux de celui-ci ne finissent par lui perforer les omoplates !

Enfin le spectacle commença (tandis que continuaient d'arriver, chose impardonnable, les retardataires que l'on autorisait - ou laissait - déranger des rangs entiers pour s'asseoir) et ce fut peu à peu le bonheur avec un grand B, un grand O, un grand N et toutes les autres lettres.

Dans un décor invraisemblable, une impossible histoire mettant en jeu des personnages insensés permet à un Chabrier très en verve de multiplier les airs enthousiasmants et fous (parmi lesquels l'air du pal, que le public de notre époque, contrairement à celui de la création, supporte d'entendre sans édulcoration...), le tout avec une orchestration raffinée (bien servie par un sir John Eliot qui avait ressorti sa chemise vert granny smith mais que la toujours voisine de devant s'obstinait à prendre pour William Christie, finissant même par en convaincre la petite dame à côté d'elle), des chanteurs dont on comprend presque chaque mot (prouesse méritoire), une symphonie de couleurs, de trouvailles visuelles, de feintes naïvetés. Bref, un moment rare...
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