15 mars 2008

Le Vrai Parisien fait des découvertes

Le monde étant ce qu'il est, chers lecteurs, et la vie allant comme elle va, le Vrai Parisien, malgré une jeunesse de coeur quasiment insensible au temps qui passe, ne peut s'empêcher d'éprouver malgré tout quelque lassitude lorsqu'il prend conscience du caractère implacable de la répétition des jours si souvent semblables (même petit confort fait des mêmes petites habitudes...). Prenons un exemple : le VP a découvert la musique classique, mettons vers quinze ans (et encore, grâce à l'adagio d'Albinoni, mais il faut bien commencer par quelque chose et il est somme toute assez rare de commencer la lecture par celle des "Misérables" ou de "L'éloge de la folie"). Depuis cet âge, il a naturellement complété sa science musicale et a découvert Beethoven, Mozart, Bach, Mahler... Bref, tous les grands.

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Mais, tant notre horizon a tendance à être borné malgré l'immensité de tout, si l'on y réfléchit bien (et, ce soir, le Vrai Parisien, justement, y réfléchit bien), ce sont toujours un peu les mêmes choses que l'on écoute. Un peu comme c'est toujours un peu la même chose que l'on achète en faisant ses courses, et donc les mêmes plats que l'on déguste... Le Vrai Parisien a sûrement écouté cinq cents fois les symphonies de Beethoven (un peu moins les deux premières), autant les concertos pour piano, il connait sur le bout de la langue la moindre inflexion de telle ou telle oeuvre de Mozart au point d'être dérouté si d'aventure il n'écoute plus sa version de référence (qui n'est le plus souvent que la première qu'il a acquise...) ! Quelle misère, quelle lassitude !

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Et pourtant, le Vrai Parisien, effrayé par les quelques exemples de vieillards qu'il a pu fréquenter, incapables peu à peu de changer quoi que ce soit à leurs habitudes, demeure vigilant à la découverte. Mais la radio ne distille que les mêmes oeuvres, trop souvent. Et d'ailleurs, la même radio depuis plus de trente ans que le Vrai Parisien l'écoute tous les jours, et quoiqu'il ait changé de station, raconte tous les jours les mêmes massacres en Palestine ou au Tibet, les mêmes tensions sur le prix du pétrole, les mêmes foutaises sur les postulants à la présidence américaine, les même complaisances à l'égard des puissants à la mode, les mêmes approximations historiques qui laissent croire que des circonstances vues cent fois se produisent aujourd'hui pour la première fois...

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Quel bonheur ineffable alors, quel plaisir sans tâche, que de savoir que l'Opéra Comique va, pendant quelques années, ressortir du répertoire des oeuvres oubliées, exhumer des triomphes passés, et nous laver les oreilles à grands seaux de musique renouvelée, puisée dans les réserves du temps. Ce vendredi, c'était le tour de "Zampa", de Ferdinand Hérold.

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"Zampa" a connu, à sa création (1831), un succès prodigieux. Puis le temps est passé, les modes avec, et "Zampa" a sombré dans l'oubli. C'était la première fois sans doute que le Vrai Parisien entendait, écoutait la moindre mesure d'Hérold, et quel bonheur ! Quelle importance qu'il ne fût pas le plus grand musicien de l'Histoire ! Qu'il ait été un honnête artisan suffisait amplement. Ce vendredi, tout était donc nouveau. Le compositeur, le livret, l'histoire même que le Vrai Parisien se plut à découvrir vraiment, comme en 1831 les premiers auditeurs. Un plaisir incroyable, tellement rafraîchissant.

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On vous épargnera ici le détail d'une intrigue extravagante à souhait, avec rebondissements toutes les deux minutes. Le tout était parsemé d'airs comme on voudrait en entendre tous les jours : des chansons, des choeurs, des duos d'amour, des sanglots, des cris de joie. Avec un sens très sûr de la mise en scène, avec ce qu'il fallait de sérieux et de détachement (on ne peut plus, en 2008, réagir exactement comme nos devanciers de 1831), avec un bonheur de jouer, de chanter proprement admirables, avec William Christie (sublimissime en chaussette rouge cardinalice), le Vrai Parisien a eu l'impression d'avoir de nouveau quinze ans et de tout avoir à découvrir.

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Il n'y a pas de plus grand plaisir !

12 mars 2008

Le Vrai Parisien est-il roi dans quelqu'île ?

Après un mois de silence, le Vrai Parisien réapparait enfin à la surface du monde, revigoré par son silence, régénéré, prêt à repartir comme en quatorze (si l'on ose dire !). Mais il vous doit, chers lecteurs, des explications. Peut-être, en effet, vous êtes-vous demandé, au cours de ces quatre éprouvantes semaines, s'il était "roi dans quelqu'île", s'il vous avait "délaissé pour un bord plus fertile"... Nenni ! Le Vrai Parisien a tout simplement pris un peu de recul, géograhique et spirituel.

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Commençons aujourd'hui par le Géographique puisqu'il a profité de son silence pour pratiquer également l'absence, quittant notre beau pays, sa douceur justement célébrée, pour s'en aller sous d'autres cieux. Tout d'abord Hong-Kong ou, "dès l'aérogare", comme un autre à New-York, le VP a "senti le choc Un souffle barbare Un remous hard-rock Dès l'aérogare, le VP a changé d'époque Come on! Ça démarre Sur les starting-blocks".

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Ici, c'est vraiment l'ailleurs et pourtant tout est déjà vu : les buildings rappellent Manhattan, les échoppes n'importe quel "China-town", les parfums les marchés du XIIIème arrondissement, les ferries rappellent Sydney, la moiteur celle de Manille.

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Donc c'est l'ailleurs : une Chine mâtinée par cent cinquante ans d'Angleterre. Tout y est déjà vu et pourtant c'est unique : le tramway a deux étages, les immeubles vertigineux sont aussi des tours de logements, les écoliers sont en uniforme, l'anglais et le chinois se mêlent sur les affiches, le port est encombré de paquebots, de cargos, de jonques rafistolées. On prend le thé avec des scones, tandis que le soleil enflamme l'horizon.

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A une heure de mer, il y a Macao, l'Enfer du jeu (une chanson est revenue à la mémoire du Vrai Parisien, qu'il a fredonnée tout le long des ruelles : "ça sent le sang.... écarlate"), une accumulation de casinos, de laideurs, de misère vraie et de fausse richesse (le VP a perdu 200 patatas en deux coup de cuillers à pot), la ville portugaise ripolinée comme pour une noce, puis, à quelques encablures, des quartiers d'Amsterdam, de Venise, de Paris, de partout reconstitués pour un tourisme de pacotille.

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Hong-Kong, c'est aussi les temples, la fumée de l'encens qui emplit l'air, les prières murmurées, les trois coups de cloche et de gong qui résonnent de minute en minute.

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Et des îles par dizaines, posées sur l'océan et noyées d'une brume quasi perpétuelle... 

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Mais le Vrai Parisien n'est pas homme à se limiter à une seule destination... N'oubliez jamais qu'il est unique ! Un coup d'avion, quelques heures à Paris et le voilà reparti avec deux de ses innombrables enfants... à Lisbonne.

Soleil merveilleux sur la ville blanche et les toits rouges. On boit le café en contemplant la ville du sommet de l'elevador. Les pavés tracent au sol leurs vagues, leurs motifs, la parure unique de Lisbonne.

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Le tramway brinquebalant escalade en ahanant la colline, passe devant la cathédrale et c'est encore Lisbonne, mais vue d'ailleurs, puis du château Saint-Georges. Les canons pointent l'horizon et ne menacent plus rien. C'est la paix de Lisbonne, et son murmure si particulier.

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Bélem est comme un sucre dans une tasse de tisane, morceau blanc qui paraît flotter. On y embrasse l'horizon et de l'Atlantique et de la mer de paille. Il n'y a plus de vent, plus de bruit et plus d'ombre. On est immergé dans la blancheur de la pierre et le bleu de la mer comme du ciel. On voudrait s'arrêter là, ne plus connaître autre chose, et pourtant l'horizon nous aspire et l'on comprend ces marins portugais qui sont partis à l'aventure, à la découverte du monde.

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Et pourtant, il y a ici le cloître des Hiéronymites... dentelle ocre, un des plus beaux lieux d'Europe, assurément. Les enfants admirent en silence. Il faut les aider à savoir qu'ici l'on est bien, leur apprendre à contempler, les aider à regarder, à aimer, à comprendre, à profiter du temps et du bonheur de vivre...

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Et le temps passe, ainsi, une minute, un jour, un mois. Pendant que le Vrai Parisien ne vous écrivait plus, chers lecteurs, il n'était pas seulement silencieux, il était heureux.

11 février 2008

Le Vrai Parisien et la faucille d'or

Fin de semaine bien remplie pour le Vrai Parisien dont les commentateurs, qui admirent toujours sa forme inaltérable, se demandent même s'il lui arrive de dormir... Après son amical dîner de jeudi (tout s'est bien déroulé merci !), le Vrai Parisien a assisté, vendredi soir, à la représentation d'Orphée et Eurydice, de C. W. Gluck, chanté en allemand, dans une mise en scène de Pina Bausch, ce qui n'est quand même pas de la petite bière !

Qu'Orphée et Eurydice soit un chef d'oeuvre, nul n'en doute vraiment et le Vrai Parisien confirme l'excellence de l'ouvrage. Que Pina Bausch ait du talent, c'est un fait avéré depuis longtemps, et le VP valide cette opinion. Pour autant le spectacle actuellement présenté à l'Opéra Garnier laisse un peu sur sa faim en cela que, chaque personnage y étant représenté simultanément (c'est l'adverbe essentiel) par le chant et la danse, le tout donne parfois une étrange impression, un peu comme lorsque l'on se voit soi-même en film, ou bien que l'on entend sa propre voix en écho dans le téléphone. En outre, la chorégraphie fait parfois faire aux héros des gestes, prendre des postures pour le moins surprenantes qui ne semblaient pas au Vrai Parisien, monstre de rationnalité, toujours coller avec la situation...

Pour autant, ce spectacle, associant deux arts et deux oeuvres, dégage une grande émotion et il n'y faut pas bouder son plaisir.

Le samedi et le dimanche se déroulèrent, après ces plaisirs parisiens, dans l'Indre, département injustement méconnu où il ne viendrait à l'esprit de personne de passer ses vacances bien à tort. Les étangs de la Brenne à eux seuls valent le voyage. Quant aux innombrables châteaux qui parsèment la campagne berrichonne, ils démontrent que notre pays, même pour un Vrai Parisien, ne saurait s'arrêter au périphérique. En témoigne celui de Lancosme, où le VP a eu, en 2002, le privilège de dormir (photo Renaud Camus) :

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A Nohant, l'ombre de George Sand est encore bien présente et sa belle maison semble à peine l'avoir vu fermer les yeux, ce matin de juin 1876, juste après qu'elle eut murmuré "Laissez... verdure..." (peut-être demandait-elle qu'on la laissât voir une dernière fois la verdure de son beau jardin, les grands arbres qui se balançaient en cette fin de printemps comme pour lui signifier leur adieu).

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Déols, aujourd'hui bourgade assoupie, fut en son temps, on a peine à y croire, l'une des principales villes religieuses de France, et son abbaye valait en splendeur celle de Cluny ! Avec les 130 mètres de long de son église abbatiale, ses sept tours, son trésor, l'abbaye était l'une des plus vastes, des plus puissantes du royaume. Mais aucune gloire ici-bas ne dure, et Déols, d'abord incendiée durant les Guerres de religion (acte imbécile dont notre temps est hélas encore coutumier, et qu'aucune foi, aucun dieu ne saurait justifier), fut ensuite ruinée et abandonnée comme carrière de pierre pendant plus de deux siècles jusqu'au milieu du 19ème.

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Seul le clocher sud, à l'entrée de la nef, fut sauvé, et encore parce que, se voyant de loin et étant placé dans l'axe de la route nouvellement tracée, il servait de point de repère commode...

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Aujourd'hui, seul vestige de ces merveilles évanouies, bâties par l'Homme et détruites par lui, le clocher de Déols fait une bien triste impression. Il semble nous raconter à la fois nos gloires et nos hontes, nos grandeurs et nos petitesses. Humble, il voit les siècles s'écouler tandis que tout autour de lui s'écroule.

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Lorsque la nuit enfin se fait, lorsque la lune parait dans le ciel d'encre, il laisse la faucille d'or chantée par Hugo s'imposer seule dans le ciel, et nous conter en silence la lutte inégale et pourtant jamais close entre l'immense océan des ombres et le minuscule fragment de lumière qui, depuis toujours, tente de guider l'Homme vers la vérité, la grandeur et la liberté.

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07 février 2008

Le Vrai Parisien au concert nordique

Ce mercredi soir, salle Pleyel, l'ambiance était nordique, ce qui en aucun cas ne signifie qu'elle fût glacée. Trois compositeurs, en effet, avaient les honneurs du programme : un Danois (Carl Nielsen), un Finlandais (Jan Sibelius), un Estonien (Eduard Tubin). Quant à l'orchestre de Paris, il était dirigé par un chef d'origine estonienne (Neeme Järvi) avec, en soliste, un violonniste russe (Vadim Repin).

La suite Aladdin, de Nielsen, est une succession de danses (matinale, hindoue, chinoise et maure) précédée d'un marche particulièrement tonitruante. L'ensemble fait son effet et permet à l'orchestre, très fourni, de faire briller les timbales, les trompettes, les cors, aux violons de frétiller comme jamais... Malgré tout, ce n'est quand même pas de la grande musique et l'on verrait bien ces courts morceaux agrémenter un dessin animé de Disney, par exemple.

Suivait le morceau de bravoure de la soirée, avec le concerto pour violon de Sibelius, dont le finale est rabaché à qui mieux mieux... Evidemment, avec Vadim Repin, ça ne pouvait pas être complètement raté, même s'il faut bien admettre une fois pour toutes que Sibélius est encore plus ennuyeux que Brahms ce qui n'est pas peu dire. Une mode absurde conjuguée avec le conformisme de pensée ordinaire porte bizarrement aux nues des compositeurs qui ne valent pas tripette (Mendelssohn bénéficie, Dieu sait pourquoi, du même préjugé favorable) et dont le manque de souffle aurait dû les cantonner aux petites pièces brèves dans lesquelles ils se révèlent parfois d'aimables artisans.

En vérité, ce qui leur manque, à ces trois-là (et Sibelius en ce domaine est médaille d'or), c'est la capacité à mener un thème jusqu'à son aboutissement. Ils sont comme les enfants qui changent de jouet toutes les trois minutes, ces téléspectateurs qui zappent en plein milieu d'un film, ces mauvais lecteurs qui changent de livre après le premier chapitre...

Vadim Repin (et son Garneri del Gesù, au son joliment enroué dans les graves) avaient beau se démener comme de beaux diables, ça ne suffisait pas à sauver de l'ennui une oeuvre qui semble exsuder le mal-être. En plus, ce concerto mérite mal son nom, puisqu'en fait de conversation entre le violon et l'orchestre, il n'y en a quasi pas ! Tout ça ressemble à une scène de cauchemar où quelqu'un disant des choses intéressantes, le violon, se ferait sans cesse interrombre et rabrouer par des ignorants mal élevés et vaguement vulgaires, symbolisés ici par l'orchestre.

Malgré tout, vifs applaudissements (sur la dernière note, à la mode d'aujourd'hui), avec gens qui hurlent "Bravo", Répin qui sourit timidement, Järvi aux anges, tout ça suivi d'un bis indéterminé, pas mal du tout, pour violon seul (toujours enroué, mais ce n'est pas un reproche, au contraire).

Heureusement, il y avait la cinquième symphonie de Tubin. Pourquoi ne nous propose-t-on pas plus souvent des oeuvres de ce niveau ? Voilà de la musique, qui souffre, qui parle, qui explique. Même les mamies toussotantes se turent pendant les fabuleux mouvements de colère et d'espoir de cette symphonie qui crie, depuis l'exil, le malheur de savoir sa patrie outragée, brisée, martyrisée.

Les héros de la symphonie (outre les 10 violoncelles et 9 contrebasses), ce sont les deux timbaliers (trois avec le tambour-cimbalier). Tubin leur a réservé des moments de feu, toute la salle, malgré l'orchestre hurlant, paraissant submergée de leurs coups inextinguibles. Lorsque la symphonie s'échève, après un finale époustouflant, même les applaudissements ressemblent à du silence.

05 février 2008

Le Vrai Parisien reçoit

Jeudi, soit dans 48 heures, le Vrai Parisien recevra chez lui son ami de (presque) vingt-quatre ans, D***, qui vient de Marseille quasi spécialement pour ces retrouvailles. D*** et lui se sont connus en avril 1984, lorsque le Vrai Parisien cherchait - et trouvait enfin - un emploi qui fût digne de ce nom. D*** travaillait déjà dans l'entreprise où le VP frappa au hasard. Il lui servit en quelque sorte de tuteur et leur amitié en naquit.

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Deux ans plus tard, D*** quitta l'entreprise pour une autre, dans laquelle il travaille toujours. Les deux années qui venaient de s'écouler furent essentielles dans la formation du Vrai Parisien. Plus âgé que lui de quelques années, D*** lui avait fait découvrir le reste de la vie. C'est lui qui lui donna le goût de la sculpture, qui lui apprit à regarder Paris, dans laquelle ils se promenaient durant des heures. Bien des phrases que D*** dit au Vrai Parisien entre avril 1984 et août 1986 sont encore dans la mémoire de ce dernier.

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Depuis plus de vingt ans, même s'ils ne travaillent plus ensemble et ne se voient plus que de loin en loin, D*** et le Vrai Parisien demeurent amis et se contactent régulièrement. Ils s'écrivent et se téléphonent. De temps à autre, ils se revoient et c'est toujours comme si leurs immenses discussions de jeunesse n'avaient jamais cessé. Les phrases reprennent sans qu'il y ait eu silence.

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Comme il sera absent mercredi soir et qu'il est prévoyant (peut-être trop), et pour accueillir son ami, le Vrai Parisien a dès ce mardi dressé sa plus belle table. Le menu est déjà décidé, le vin mis à chambrer... En souvenir des jours anciens, le Vrai Parisien réservera à D*** exactement le même accueil qu'il réserverait à un roi.

03 février 2008

Le Vrai Parisien increvable

Sans doute, innombrables lecteurs qui avez fait au Vrai Parisien l'honneur de lui souhaiter un parfait anniversaire (un grand merci à tous ceux qui ont eu ce geste), croyez-vous que, vu son âge maintenant raisonnable, le Vrai Parisien coule des week-ends paisibles, un plaid écossais sur les genoux en lisant Rannoch Moor, en sirotant des tisanes, écoutant en boucle les vieux succès de François Deguelt...

Croire à ces fadaises serait mal connaître le Vrai Parisien et son exceptionnelle résilience ! Pour lui, pas besoin de sniffer de la cocaïne sur des capots de voiture pour se sentir en pleine forme, prêt à toutes les expériences du bout de la nuit... Qu'on en juge par ce programme qui vous aurait sans doute laissé sur les rotules et qui n'a eu pour effet sur le Vrai Parisien que de le mettre en pleine forme, prêt à écrire ce billet et à couler ensuite une paisible et méritée soirée dominicale.

Et maintenant, lecteurs impatients, respect : souvenez-vous que le présent programme, obéissant comme toute tragédie classique à une farouche unité de temps, a été accompli en à peine plus de vingt-quatre heures !

Le samedi matin est traditionnellement consacré aux courses hebdomadaires, de quoi remplir un réfrigérateur. Ce deux février, s'y ajoutaient les "Portes ouvertes" de l'école d'un des fils du Vrai Parisien. Celui-ci, père modèle et donc attentionné, s'y rendit naturellement. Retour chez lui, portant les tonnes de nourriture qui semblent devoir durer pour toujours et ne seront plus qu'un vague souvenir dans quelques jours : il était déjà midi !

Hop ! le repas à peine avalé, voilà le VP qui file au Raincy, en Seine-Saint-Denis. Au Raincy !!! Qu'allait-il faire dans cette galère ? vous demandez-vous sûrement. Ignorants !!! Le Vrai Parisien y réalisé l'un de ses vieux rêves (comme quoi, il n'est jamais trop tard) : visiter la première église construite au MONDE en béton (1922), Notre-Dame du Raincy (architecte Auguste Perret, vitraux d'après Maurice Denis) : un chef d'oeuvre d'équilibre, d'harmonie, de transparence et d'équilibre qui mérite bien son surnon de "Sainte-Chapelle du béton".

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Le temps de retourner à Paris, de prendre le thé, et le Vrai Parisien se transporte, tout parfumé de frais, vers le restaurant "Les Ombres". Comment ?! Vous ne connaissez pas "Les Ombres" ?... Courez-y vite, en hiver, au printemps, en été, en automne. Il s'agit du restaurant qui est installé sur le toit de musée du quai Branly (réservation conseillée : les Happy Few s'y ruent). Après un chemin d'ombre et de mystères, vous voilà assis sous un ciel de résille et de verre ; le ciel est le dais sous lequel vous dînez, tandis que, comme un cierge, la Tour Eiffel illumine Paris et éclaire votre table. Le lieu est un must...

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Une courte nuit et le Vrai Parisien, douché, rasé de frais, parfumé à l'Orange de Capri se précipite vers la Sainte-Chapelle, la vraie, celle que Saint-Louis a fait édifier en son palais de la Cité pour y abriter les reliques de la Passion. Et le Vrai Parisien, monstre de culture encyclopédique, de comparer l'oeuvre de Pierre de Montreuil (s'il est bien l'architecte de génie qui a bâti cette châsse de géant, de ce palais de lumière) et celle de Perret.

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D'autres, vous peut-être, seraient allés se coucher illico, considérant déjà avoir fait plus que leur dû. Le Vrai Parisien n'avait pourtant fait qu'ébaucher son programme : longeant les Seine, réchauffée par un pâle et doux soleil d'hiver, il rejoignit les Tuileries, puis la Concorde.

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Enfin, suivant la rue du Faubourg-Saint-Honoré (des photographes étaient aux aguets devant l'Elysée), il atteignit enfin la salle Pleyel pour un de ces concerts de derrière les fagots dont Sir John Eliott Gardiner, à la tête du Symphonique de Londres, gratifia un public conquis : quatrième concerto pour piano de Beethoven, (avec une Maria Joao Pirès délicieuse, délicate, un son des cordes ouaté, une lenteur à tomber dans le deuxième mouvement, qui semblait raconter la lutte inégale et pourtant éternelle entre la fragile beauté et la violente brutalité, la gentillesse et la méchanceté) suivi d'un symphonie Héroïque tonique et âpre, à sa manière, rapide, énervée (mais moins inspirée, a-t-il modestement semblé au VP, que le concerto précédent).

Et maintenant, de retour chez lui, le Vrai Parisien goûte tous ces souvenirs formidables et les revit de nouveau en ayant eu le plaisir de vous les faire partager.

31 janvier 2008

Communiqué du Vrai Parisien

Le Vrai Parisien informe ses innombrables lecteurs camusiens qu'après avoir dévoré "Corée l'absente", Journal de l'année 2004, il vient de recevoir (par l'intermédiaire d'une célèbre librairie internautique) le volume correspondant à l'année 2003, intitulé "Rannoch Moor".

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Il a en effet décidé de lire le Journal à rebours, par ordre srictement anti-chronologique.

[Ce titre "Rannoch Moor" fait se souvenir au Vrai Parisien d'un poème qu'il avait écrit vers sa dix-huitième année, qui impressionnait fort une certaine Florence D***, mais dont malheureusement il ne se rappelle que trois vers :

J'ai vu se célébrer dans les landes d'Ecosse

Près de Kinloch-Ranoch de féériques noces

(...)

Les noces de la brume avec le marécage

;

Précisons que le Vrai Parisien, au moment qu'il écrivait ces vers immortels, n'évait encore jamais mis les pieds en Ecosse...]

Il informe en outre ses excellents lecteurs qu'ayant déjà modifié des plans datant seulement du début de la semaine, il met fin à son système polyglottique consistant à étudier alternativement, et sur un cycle quadri-hebdomadaire, l'allemand, l'anglais, l'italien et le russe.

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Ayant en effet décidé - ou s'étant laissé persuadé - de consacrer ses vacances de l'été prochain à un gigantesque tour de l'Allemagne, il étudiera la langue tudesque pendant les six prochains mois, afin de pouvoir, outre-Rhin, converser avec les autochtones de la plus agréable manière. (Ce sera un test intéressant pour savoir si enfin le Vrai Parisien est capable de se tenir à une décision pendant six mois consécutifs...)

Ceci posé, le Vrai Parisien rappelle à ses adorés lecteurs que, demain 1er février, il fêtera ses 46 ans, et les autorise à braver leur discrétion coutumière pour lui souhaiter un parfait anniversaire.

Il les remercie par avance.

29 janvier 2008

Le Vrai Parisien entre fureur et joie

"Le ministre de l'éducation nationale, Xavier Darcos, va adresser début février une circulaire à tous les proviseurs de lycée afin qu'ils présentent 5 % de leurs meilleurs élèves en classes préparatoires. Toute demande formulée par ces élèves sera automatiquement acceptée." (La presse)

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Lorsque le Vrai Parisien était lycéen, dans des temps si lointains que "la terre était mouillée, encore, et molle du déluge", il doit à la vérité d'avouer (dût sa modestie en être écornée) qu'il faisait partie des bons élèves. Non pas qu'il se foulât beaucoup, mais parce qu'il avait, et a conservé, une assez bonne mémoire et la capacité d'écrire vite et clairement ce qu'il avait lu, et retenu, voire d'en tirer quelques considérations plus ou moins intéressantes.

On ne s'étonnera donc pas que le Vrai Parisien ait obtenu le baccalauréat avec une correcte mention "bien" (sa faiblesse en mathématiques étant redhibitoire pour une meilleure moyenne).

Mais le Vrai Parisien avait un handicap, dont il n'avait pas conscience, d'autant qu'elle était invisible et que l'on s'est toujours gardé de la lui signaler. Il ne l'a donc découverte que plus tard, trop tard sans doute : le Vrai Parisien est fils d'un ouvrier devenu agent de maîtrise, et d'une mère au foyer. Pour paraphraser de nouveau Victor Hugo, on aura compris qu'il plut au sort d'oublier le VP "lorsqu'il distribua les fiefs héréditaires"...

Un jour, le Vrai Parisien a compris que, mieux informé, mieux éclairé, mieux conseillé, il aurait peut-être suivi une classe préparatoire à une grande école ; Sciences Po l'aurait passionné. Mais, le croira-t-on, personne ne lui en a jamais parlé, et il n'a découvert l'existence même de cette école que bien tard, trop tard...

Ni le proviseur du lycée, ni son adjoint, ni le conseiller d'orientation, qui connaissaient pourtant le Vrai Parisien, le couvraient d'éloges sur ses bulletins, ne l'ont jamais convoqué pour le moindre entretien. Il avait dix-sept ans, ne connaissait rien, et ses parents étaient perdus, eux qui n'avait jamais fait d'études, dès qu'il s'agissait d'orientation.

Alors, le Vrai Parisien a cru bien faire de s'inscrire en Droit, à Amiens, études qu'il a vite arrêtées, rejoignant la cohorte infinie des étudiants perdus, qui échouent avant même d'avoir commencé !

Il lui a fallu se débrouiller, seul et son bac en poche, dans l'éprouvante épreuve des débuts dans la vie.

Vint 1981 ; on allait voir ce que l'on allait voir, on allait "changer la vie", la société, revenir sur les privilèges de classe. On n'a rien vu ! Changer la société, c'est justement mettre en place les mécanismes qui rompent un peu, un tout petit peu avec le renouvellement des élites. Mais derrière les beaux discours enseignants, il n'y avait que la volonté, en fait, de ne rien changer à un système dont ils profitent pour leurs propres enfants.

Au fil des années, le Vrai Parisien, à force de l'entendre et de cotoyer ceux qui le tiennent, a fini de décrypter ce discours de réforme qui ne camoufle en fait que le plus âpre conservatisme, le plus cynique, celui qui s'appuie sur les petites gens, et les leurre pour mieux les maintenir en situation d'être dominés à jamais.

Aujourd'hui, gloire soit rendue à Xavier Darcos ! Puissent ses projets être réellement menés à terme. Il aura contre lui tous les conservatismes. Oh ! sans doute, ce ministre n'abreuve-t-il pas le monde de discours fumeux sur le changement, les lendemains qui chantent, et n'annonce-t-il pas une vaste et énième réforme de l'Education nationale, mais ses actes parlent et plaident pour lui.

Entre fureur à propos du passé, et joie à propos du présent, le Vrai Parisien espère de tout son coeur que quelque part en France, un fils d'ouvrier, qui ne sait pas encore ce qu'est une "grande école", doué en histoire, sachant écrire et aimant apprendre, fera grâce à Xavier Darcos les études qu'il mérite.

28 janvier 2008

Le Vrai Parisien polyglotte

Le Vrai Parisien se souvient avec émotion de ses cours de langue, de la sixième à la Terminale, d'abord allemand (comme tous les bons élèves de ce temps-là....) puis anglais. Il se souvient de l'aisance merveilleuse avec laquelle il parvenait en peu de mois à baragouiner les langues de Goethe et Shakespeare, sans trop faire d'effort et en tout cas en utilisant la méthode qu'il a suivie à la lettre tout le temps de sa scolarité, avec des résultats pour le moins contrastés, méthode consistant à ne faire que le strict minimum.

Le Vrai Parisien se souvient que son goût pour les langues étrangères, s'il se manifesta très vite, se révéla aussi exactement inversement proportionnel à son goût pour l'effort. Il n'en tire donc aucune gloire, regrettant depuis bien des années, de ne pas "s'y être mis" avec un peu plus d'application, ce qui lui permettrait aujourd'hui - son rêve - de parler sinon couramment du moins très correctement deux ou trois langues autres que le français (qu'il manie, il est vrai, à la perfection).

Le Vrai Parisien se souvient que, dans sa vingt-cinquième année, il lui vint l'idée d'apprendre l'italien. Il acheta deux ou trois méthodes et avec une aisance prodigieuse (mais il est vrai que la difficulté était moindre que s'il avait choisi... mettons, le japonais...), il parvint en deux ou trois mois à se débrouiller fort bien dans ses voyages ultramontains. Aujourd'hui encore, son italien fait florès et merveille lorsqu'il se trouve à Rome.

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Puis le Vrai Parisien se mit en tête d'apprendre le roumain, le néerlandais, le grec... Chaque fois, il acheta la méthode Assimil, fit quelques leçons et se découragea sottement. Un jour, il se mit au russe. Là, mystère, la flamme mit plus longtemps à s'éteindre, trois ans exactement : à force de régularité et d'obstination, il parvint à parler fort correctement. Aujourd'hui encore, dans la langue de Pouchkine, il sait dire : "Ia vsio zabuil... csajaleniou... (J'ai tout oublié, malheureusement...).

En fait, pour apprendre une langue étrangère, il suffit d'un quart d'heure par jour, mais vraiment chaque jour. Il ne sert à rien de s'y mettre une heure, voire deux, de temps en temps. Le Vrai Parisien se souvient de l'image suivante, qui illustre bien le principe : si vous jetez sur un rocher un seau d'eau chaque semaine, rien ne se passe. Mais si une goutte d'eau tombe régulièrement sur le rocher, elle finira par y creuser un trou.

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Ce soir, le Vrai Parisien renoue avec ses songes. Plutôt que de s'éparpiller, il a décidé de se concentrer sur quatre langues : l'allemand, l'anglais, le russe et l'italien. Désormais, chaque semaine du mois sera consacrée à l'un de ces idiomes et chaque soir, avant dormir, le Vrai Parisien en lira une leçon. Cette semaine, c'est l'allemand. Rendez-vous dans quelques mois, pour faire le point sur les progrès du vrai Parisien en polyglottisme.

27 janvier 2008

Le Vrai Parisien en son donjon

Tout étant, dans la vie, affaire de communication, les touristes du monde entier affluent chaque jour vers la célébrissime Tour de Londres. Or, le Vrai Parisien, qui a vu celle-ci une bonne quinzaine de fois (et la première en 1978, ce qui ne nous rajeunit pas), vous l'affirme tranquillement : cette tour ne vaut pas tripette. Elle est mal bâtie, en un assemblage de pierres venues de Normandie et de caillasse locale, elle est mal proportionnée (trop large par rapport à sa hauteur), elle est mal placée, coincée entre la Tamise et un gigantesque boulevard autoroutier ; enfin, elle est écrasée par le Tower Bridge. Quant à sa visite, elle se révèle décevante (des boutiques de souvenirs partout, des files d'attente immenses tout ça pour voir trois secondes les "bijoux de la couronne" derrière d'épaisses vitres pleines de reflets), des odeurs de friture. Beurk !

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Mais les Anglais ont eu un coup de génie lorsqu'ils ont décidé de propulser leur Tour au sommet des hit-parades touristiques (il faut dire que leur mallheureuse capitale n'est pas encombrée de monuments dignes d'y figurer...). Ils ont fabriqué tout un folklore historico-touristique de nature à faire venir les foules. D'abord le coup des diamants, puis les Yeoman Wardeurs, les canons au bord de l'eau (idéal pour les enfants), les corbeaux, censés garder le trésor, la mythique prison enfin avec égorgements et compagnie.

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Le Vrai Parisien pensait à cela ce samedi 26 janvier, visitant un monument autrement splendide et digne d'intérêt, mais que notre beau pays n'a pas su auréoler de cet indéfinissable parfum de mystère et de charme qui seul fait venir les foules et remplir les caisses. Il s'agit du donjon de Vincennes, récemment rénové (mais, aux étages, le carrelage se décolle déjà !).

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Cette merveille fut bâtie sous le règne de Charles V, qui en avait fait l'une de ses résidences favorites, lequel y conservait le trésor royal, dans un décor si raffiné pour le temps qu'il avait subjugué des visiteurs florentins, mais dont malheureusement il ne reste rien. On visite aussi le petit cabinet de travail du roi, studiolo avant l'heure. Et un petit campanile porte encore la cloche de la première horloge publique du royaume.

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Le château de Vincennes, en son ensemble, était à l'époque la plus vaste forteresse de son temps et le donjon, haut de 50 mètres, est le plus haut du monde depuis la destruction de celui de Coucy en 1917 (et qui mesurait 4 mètres de plus).

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Quant à la Sainte-Chapelle, en cours de restauration depuis des destructions liées à la tempête de 1999, elle est une des splendeurs du gothique finissant. Enfin, le château a vu passer des gloires qui pourraient donner lieu à toute une mythologie : Saint-Louis, Charles V, mort de Mazarin, emprisonnement de Diderot, Mirabeau et l'on en passe, exécution du duc d'Enghien... Décidément, il y a tout ce qu'il faut pour faire de Vincennes un incontournable du patrimoine français...

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Certes, d'immenses travaux restent à faire : rénovation des pavillons du roi et de la reine, destruction des bâtiments militaires du XIXème siècle, déblaiement des ruines du manoir de Saint-Louis... mais l'essentiel est là et l'on pourrait faire de Vincennes, avec un peu de volonté et d'idée, un des must de toute visite à Paris.